
Il se tenait debout. Près de cette fenêtre dont le carreau
n’avait plus qu’une transparence trouble et brumeuse.
Envahi de la fumée qui se collait avec la poussière entre chacune
des fibres du verre. Prisonnière.
Il était nu encore. Le corps moite de cette nuit sans sommeil qui
restait imprimée sur sa peau avec cette culpabilité, cette fièvre.
Cette odeur. Il pressa plus fort le papier qu’il tenait entre
ses doigts. A le déchirer.
La fumée s’échappait des lourdes cheminées qui encombraient
le sol. Dissimulant sous la vapeur les derniers aspects colorés
d’un ciel que l’on ne pouvait deviner qu’à cette
heure de la journée.
Entre l’éveil et la vie.
Une vie faite de poursuites. Une vie menée dans le but de maîtriser
ce qui ne pouvait que continuellement le fuir.
Bryce esquissa un sourire léger. Presque un rictus. De son visage
d’ange, qui gardait la candeur trompeuse des traits de
l’enfance, brillait un regard noir qu’il jeta une
dernière fois au-delà des nuages.
Il déposa un baiser sur la boule de papier que la moiteur de sa
main désagrégeait mollement. Mais, un enfant, cela faisait des
années qu’il n’en était plus un. D’un geste vif
et routinier, il la lança dans les braises rougeoyantes de la
cheminée.
C’est là qu’il empoigna son pantalon. A moitié englouti
sous les coussins abandonnés au bas du lit. C’est là
qu’il saisit sa veste, égarée au sommet d’une armoire,
sans qu’il se souvienne véritablement du geste qui
l’avait projetée à cet endroit. Et reconstitua ainsi pendant
plusieurs minutes les pièces d’un puzzle vestimentaire
éparpillé dans des endroits parfois si saugrenus que certains
d’entre eux lui arrachèrent un sourire.
Il achevait tout juste de s’habiller, lorsque des coups
retentirent vivement à sa porte.
- Capitaine ! Capitaine ! hurlait un homme, elle a recommencé
!
- Patientez une minute, Second Maître Fécamp, je suis presque prêt.
Quoi donc ? Qu’a-t-elle recommencé ?
- La Comtesse des Aiglefins. On dit qu’elle irait revendre sa
marchandise de contrebande à la Taverne du Moussaillon vers 15
heures...
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Date de création : 25/02/09 Dernière mise à jour : 10/03/10 20:32 / 144 articles publiés
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Tous les commentaires de l'article:
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Totalement scotchée par les images *___* (oui dès le départ... et pourtant moi je devrais pas être trop surprise pour avoir lu Les Compagnons) Et toujours fan de ton style ! Mais trève de bavardages lisons la suite de cette nouvelle ^^
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Ouais, j'avoue qu'au départ je voulais proposer cette nouvelle et puis en fait je me suis ravisée au final. Mais du coup j'avais laissé l'idée de la phrase...
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OYEZ OYEZ ! La flemmarde va enfin lire les nouvelles des copines xD
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Première fois que je te lis aussi Link, et j'aime bien =D
((C'est quand on lit la 1ère phrase, qu'on voit qui a proposé celle du concours de nouvelles Criti LOL))
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Merci johnnyssa <3
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c'est la première fois que je lis tes textes lindsay, et sans te jeter des fleurs (faut que tu te la pètes non plus xD), je dois dire que j'aime beaucoup ton style !
et puis tes images... j'en ai déjà dit beaucoup de bien sur le forum, tu sais ce que je pense !
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Hé voilà. Hé voilà et voilà et re-voilà. On m'avait pourtant prévenu que ce que tu écrivais, c'était, pour emplyoer une expression d'Abd al Malik, "du lourd", et dans le bon sens du terme. C'est dense, les phrases sont magnifiques, c'est pour être honnête la première fois que je me frotte à ton écriture (trop flemmarde, je n'ai pas lu les Compagnons) et je suis sur le...
Trêve de bavardages, allons lire la suite...
Tifet
mar 26 mai 2009 17:21