Accueil Date de création : 25/02/09 Dernière mise à jour : 10/03/10 20:32 / 144 articles publiés
 

06  (Attrape-moi si tu peux...) posté le mercredi 25 février 2009 16:32

Il était 15 heures précises lorsque Carolyn entra dans la Taverne des Moussaillons. Seule. Elle jeta un regard bref. Suspicieux. Qui balaya rapidement la salle d’un air faussement distrait.
Ankor était là déjà. Près de la bibliothèque,. Dans un coin retiré des affres bruyantes et bourdonnantes des tables d’ivrognes et des rires saouls. Assis sur une banquette avec cet air arrogant et tellement sûr de lui qu’il aimait afficher.
 
- Avez-vous apporté la marchandise, Comtesse ?
Un rictus tordit la cicatrice qui barrait la joue de Carolyn. Sans un mot, elle sortit de sa besace quelques tubes de métal dorés et rouillés, grossièrement assemblés à l’aide de clous de tapissier. Ankor, observa le contenu de chacun d’entre eux sous la surveillance des hommes qu’il avait emmené. Concentrés qu’ils étaient à fixer le hublot qui perçait chacune des boites de métal pour y apercevoir la qualité et la pureté de la marchandise.
- Votre prix, Madame ?
- A celui habituel, j’y ajouterai un baiser, confia Carolyn, une aura narquoise bouillonnant au fond de son iris.
Ankor étouffa un rire. Son œil aveugle l'empêchant alors de remarquer un fauteuil qui venait de se retourner devant la cheminée.
Il s'apprêtait à payer le tribut que la Comtesse venait de lui imposer lorsqu’une voix par trop familière résonna à son côté.
- Bonsoir, Carolyn des Aiglefins.
 
Bryce se tenait dans une posture tranquille. Victorieuse.
Les pirates disparurent rapidement à travers les pièces ouvertes de la taverne... Comme une trainée de poussière soulevée par les vents. Même si certains se firent cueillir par les policiers qui se mirent à émerger de tous côtés avec l’apparition du Capitaine au visage d'ange.
Ankor, n’était nullement effrayé. Nullement inquiet. Il se courba galamment vers Carolyn et apposa un baisemain sur les doigts raffinés de la Comtesse...
- Je règlerai ma dette, Madame... En son temps, soyez-en sûre...
 
Il lui envoya un dernier regard empli d'un désir espiègle avant de s’enfuir.
Carolyn commença alors à filer. Ecoutant les pas de Bryce qui la poursuivait. Plus proches. Elle s’engouffra dans un couloir sombre. Qui déboucha sur une pièce close. Sans porte dérobée, ni fenêtre. Une sorte de boudoir...
Il apparut. Derrière elle. Elle ferma les yeux. Se laissant envahir par la sensation de sa présence silencieuse. Dans l’encadrement de cette porte unique. Au bout du corridor. Au bout de la course.

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