Depuis que tu es entré dans ma vie, rien ne va plus. J’ai
perdu tous mes repères, je ne sais plus qui je suis, où je vais, ni
comment faire. Tu m’as totalement déboussolée, déstabilisée,
désarmée.

Et pourtant tu es l’homme de
ma vie. Tu le seras toujours. Personne ne sera jamais plus
important que toi à mes yeux.
C’est sûrement pour ça que j’ai sombré dans une telle
déprime. J’ai peur de ne pas être à la hauteur. Et cette peur
me paralyse. Je crains de me tromper, de mal faire. Je t’aime
tellement. Je t’ai aimé dès l’instant où je t’ai
vu. C’est la première fois que j’aime si fort, et cet
amour m’a submergée d’un coup, je n’étais pas
préparée. Il était trop grand pour moi.

Je n’ai
jamais été très sûre de moi. J’ai souvent l’impression
de gêner, de ne pas être à ma place. Alors le moindre complexe me
rend encore plus mal à l’aise.
Lorsqu’on s’est rencontrés, j’étais mal dans ma
peau. Il faut dire que j’avais pris beaucoup de poids ces
derniers temps, je n’étais pas au meilleur de ma forme.
J’étais épuisée.
Mais tu ne m’as pas jugée. Tu m’as aimée
instantanément, comme si tu n’avais pas le choix.
Et puis cette intimité que nous avons partagé très vite, je me suis
forcée à me dire que c’était naturel, que c’était dans
l’ordre des choses que je me mette à nu devant toi, dans tous
les sens du terme. Mais ce n’était pas évident pour moi, qui
ait toujours mis du temps à me dévoiler. Pour toi, j’ai mis
ma pudeur de côté dès notre première rencontre.
Les conditions n’étaient pas idéales non plus, le contexte
était angoissant. Si on m’avait dit un jour que je
rencontrerai l’amour de ma vie à l’hôpital, dans un
moment d’atroces souffrances… C'est loin d'être
idyllique comme circonstances. Les médecins ne comprenaient pas
pourquoi j'étais dans un tel état. J'avais tout ce que j'avais
toujours désiré. J'avais tout pour être heureuse. Je t'avais enfin
rencontré, toi que j'attendais de connaître depuis de longs
mois.

La suite ne fut guère plus joyeuse.
J’ai douté, à chaque instant, j’ai douté de moi, de mes
capacités à être à la hauteur de notre relation. Je ne sais pas
pourquoi j’avais cette trouille bleue, puisque toi, tu ne
semblais pas être tellement inquiet. Tu ne remettais rien en cause,
tu prenais les choses comme elles venaient.
Mais je sais bien que tu ressentais ma peur au fond de toi, elle
était si grande qu’elle inondait tous ceux qui
m’entouraient. Maintenant je culpabilise d’avoir
douté.
Mais j’ai compris, ça y est. Je sais que je n’ai pas
été aussi forte que j’aurais dû me montrer, mais ce sont des
choses courantes d’après les médecins. Le diagnostic était
évident : baby blues.

J'ai mis du temps à m'en remettre.
J'avais du mal à accepter ma faiblesse. Non seulement j'avais peur,
mais en plus, inconsciemment, je te le repprochais. Et je m'en
veux, car tu n'y étais pour rien. J'ai eu des moments très
difficiles ces neuf derniers mois, mais sache que je ne regrette
rien. Je ne regrette pas de t'avoir mis au monde, mon fils.
Ton père ne le regrette pas non plus ! Il était désemparé lui aussi
devant mon état de déprime, mais il m'a soutenu du mieux qu'il
pouvait. Aujourd'hui, nous sommes encore plus proches, grâce à
toi.

Cette épreuve a été difficile,
notre rencontre ne s'est pas déroulée aussi bien que je l'espérais.
Elle n'est pas parfaite, mais avec du recul, je t'assure qu'elle
n'en est pas moins magique.
Notre première rencontre était si forte en émotion qu'elle m'a
bouleversée au point de me faire perdre le contrôle de moi-même.
Mais elle restera toujours notre plus belle
rencontre.

***




SheZeve
jeu 07 mai 2009 17:03