C’était féerique. Tout
était si propre, si brillant dans la cabine dans laquelle il
l’avait poussée. Il lui semblait qu’elle n’aurait
pas assez d’une vie pour admirer tout ce qui y figurait, tout
ce qu’elle voyait. Les sensations des étoffes. Des objets
qu’elle sentait sous les doigts qu’elle faisait courir
sur les meubles qui l’entouraient.
- Arrête de toucher, tu veux. Tu vas tout pourrir. Tu es sale comme
un cochon.
- Je suis une dame, se piqua-t-elle, tu pourrais au moins me
respecter comme tel.
- Enlève tes pattes de là ! bondit-il en lui arrachant une fiole de
cristal des mains, je prends déjà des risques à te faire monter
ici, alors n’en rajoute pas. Une dame, tu parles ! Tu en as
déjà vu une ? Si tu veux rester, il va falloir t’arranger un
peu. Ta toilette laisse franchement à désirer.
- Moi j’vis pas dans des vaisseaux au-dessus des autres à
respirer d’l’air pur.
- Et y a pas que la toilette qu’il va falloir changer, si tu
veux espérer que le vicomte t’accepte ne serait-ce
qu’un quart de demie journée à bord, souffla-t-il, comment tu
t’appelles ?
- J’me nomme Winona. Winona Faucon.
- Elros Fécamp. Maintenant que les présentations sont faites,
déshabille-toi. Tu empestes à des kilomètres à la ronde.
Elle poussa un cri suraigu et outré. Il la bâillonna fermement de
sa main.
- Tu es complètement folle ? Je t’ai dit que je prenais des
risques à te faire monter ! Je ne vais pas te regarder. Je ne suis
pas un voyeur. Déshabille-toi et va te laver ! Je t’ai fait
couler un bain derrière le paravent. Et frotte bien ! Ne
m’oblige pas à venir le faire.
Elle ne cilla pas. Les mains fermées en croix sur son corsage pour
refuser par le langage du corps ce qu’elle ne pouvait
exprimer par les mots.


Akura
sam 07 mar 2009 11:51